De l’audiovisuel au digital
Le parcours d’un candidat est la partie la plus importante car il montre la richesse d’une candidature et permet de s’en faire une idée même si bien évidemment cela ne fait pas tout. Ces dernières années, j’ai longuement réfléchi à cette question et c’est la raison pour laquelle j’ai décidé d’en faire une partie centrale de mon rapport d’alternance. Comment passe-t-on de l’audiovisuel au digital ? Comment cela s’inscrit-il au sein d’un parcours professionnel ?
À travers cet article, vous allez comprendre pourquoi mon parcours (bien que non linéaire) est cohérent et surtout comment je me suis appuyé sur mes expériences passées pour être l’étudiant en stratégie digitale et le professionnel que je suis aujourd’hui. J’illustrerai cette partie avec des exemples concrets (des projets issus de l’ESD ainsi que des situations vues durant mon alternance). Le dernier chapitre donnera un éclairage sur ce que je compte faire après mon master une fois mon alternance achevée.

Chapitre 1 : Apprentissage de la gestion de projet
L’une des spécificités de mon profil réside dans la conduite des projets. La Gestion de projet fait partie intégrante de mon ADN professionnel et cela vient de ma formation au sein de l’Institut de l’Image et du Son (3IS). Au sein de cette école, j’ai effectué la spécialisation production audiovisuelle qui m’a permis de développer des compétences qui m’ont énormément servies par la suite durant mes stages bien sûr mais surtout à l’ESD et lors de mon alternance chez HUB Institute.
Construire un projet, gérer chaque étape jusqu’à son achèvement sont une méthodologie UNIVERSELLE (j’insiste sur ce terme car il constitue la base de tous projets) que ce soit pour construire une chaise jaune ou lancer une application mobile. Ces dernières années, lorsque j’évoquais mon parcours en audiovisuel, certains recruteurs me le reprochaient comme si c’était incompatible pour travailler dans le numérique.

Vous avez un profil trop orienté audiovisuel
Entendu lors de plusieurs entretiens
L’une des premières choses que l’on apprend en gestion de projet concerne l’anticipation, indispensable pour faire face aux imprévus. Cela permet non seulement d’être prévoyant mais surtout d’être bien organisé. Un projet réussi est un projet où l’organisation est la clé.
Si au sein de mes études d’audiovisuel j’ai été amené à participer et à organiser des tournages, il en va de même durant mon stage de Master 1 au sein de la chaîne Twitch « Accropolis » de Jean Massiet ou lors de mon alternance au HUB.
Quand vous travaillez dans un domaine comme la communication en tant que social media manager ou comme Community Manager (selon les entreprises), la vidéo est utilisée comme un levier et nécessite parfois d’organiser un tournage (dans le cadre d’une interview par exemple) et cela se planifie de la même manière que dans l’audiovisuel. Seul le matériel varie.
Durant mon alternance j’ai été amené à gérer des projets que ce soit organiser les HUB TV des événements (interviews en plateau en parallèle des conférences) en élaborant le programme mais également en gérant des tournages d’interviews.
Pour aller plus loin : consultez les projets suivis durant mon alternance au HUB Institute
Contrairement à ce que certains pourraient penser, il y a peu de différences dans la manière d’organiser un tournage dans l’audiovisuel et dans un cadre plus institutionnel.

Il n’y a aucune différence dans la manière de gérer l’arrivée des acteurs et celle d’un membre du comité exécutif d’une entreprise.
Jérémie Jakubowicz
Pour conclure, quel que soit le domaine d’activité, la gestion de projet est une démarche universelle qui s’adapte à n’importe quel secteur. Toutefois, la manière de communiquer peut varier mais nous y reviendrons ultérieurement dans cet article.

Chapitre 2 : Intégrer les processus et les codes du numérique
L’autre spécificité de mon profil vient de la formation que j’ai reçue à l’ESD. En intégrant cette école en septembre 2018, j’ai fait la découverte d’un écosystème extrêmement vaste qui dispose de ses propres codes. En suivant le cycle intensif du Master Stratégie Digitale j’ai pu intégrer ces processus et acquérir une culture digitale essentielle pour m’épanouir dans les projets que je mène et être force de proposition.
Cette culture digitale acquise durant mes études à l’ESD s’est confirmée lorsque j’ai effectué une formation en marketing digital chez Livementor car elle m’a permis de décrocher leur certification. C’est également elle qui a rendu possible mon alternance chez HUB Institute dans l’équipe « Content ». Forcément, quand vous êtes dans une entreprise qui fait de la transformation digitale, vous vous devez de posséder les connaissances nécessaires pour écrire des articles qui parlent d’un sujet précis. Bien entendu, je ne maitrisais pas tous les termes quand je suis arrivé dans l’entreprise mais nous les avions étudiés ou du moins évoqués en cours ou dans les semaines de projet.
Prenons un exemple : lorsque nous écrivons des articles sur l’omnicanalité dans le secteur du retail, il est primordial d’en connaître la signification. Pour cela, un travail de veille est nécessaire et si à l’école les différents intervenants ont insisté sur ce point, ce travail est devenu mon quotidien en alternance par le biais de mes différentes missions.
À lire également : mes missions au sein du HUB Institute
Pour conclure, ces connaissances peuvent s’intégrer dans n’importe quelle entreprise à condition de faire partie du secteur du numérique.

Chapitre 3 : En route vers la création de contenu !
Écrire des articles de blogs et réaliser des chroniques : mes débuts dans le contenu.
Contrairement aux autres étudiants de ma promo, j’ai dû mettre mon master entre parenthèse dès le mois de janvier 2020 faute d’avoir pu trouver une alternance durant les premiers mois de mon M2. Cette décision a été la mienne et elle n’a pas été facile à prendre car l’école souhaitait que je continue mais mon instinct me disait que ce n’était pas une bonne idée. Si durant le master 1 et le début de mon master 2 j’ai pu développer ma culture digitale, mes compétences étaient un peu « fragiles » et c’était certainement également pour cette raison que je n’avais pas trouvé d’alternance.
Initialement, ce report devait durer 1 an jusqu’en octobre 2020 mais la pandémie est arrivée et a rebattu toutes les cartes. Durant ce laps de temps, j’ai concrétisé un projet dont je rêvais depuis de nombreuses années : la création de mon blog pour partager les articles que j’écrivais ainsi que mes travaux. C’est ainsi que mon blog a vu le jour en mai 2020 en plein confinement et il a été ma première approche réelle avec la création de contenu.
Certes, les articles que j’écrivais portaient principalement sur le cinéma ou les jeux vidéos qui sont des domaines que j’apprécie beaucoup mais c’est par ces sujets que je suis entré dans ce domaine. Ayant pris l’habitude d’écrire depuis longtemps (j’ai commencé au lycée) cet exercice m’était naturel et m’oblige à bien structurer mon propos.
Lorsque j’ai rejoint Chroni’Culture en juin 2020, j’ai décidé d’écrire différemment en étant bien plus concis que dans un article écrit. C’est ainsi que mes chroniques sont nées en novembre de la même année. Le fait de faire ces projets dans une période aussi incertaine (la pandémie faisait rage et on ne savait pas vraiment combien de temps elle allait durer) m’a aidé à tenir, à prendre confiance en moi tout en me faisant prendre conscience que c’était un domaine vaste qui me correspondait assez bien.
Comme évoqué dans le chapitre 2, j’ai effectué une formation en marketing digital chez Livementor en octobre 2020 n’ayant pas pu reprendre comme prévu l’année faute d’alternance (avec la covid il y a eu un embouteillage de candidatures auquel les entreprises ne pouvaient répondre malgré les aides promises par l’Etat.) j’ai préféré reporter encore d’un an et mettre tout en œuvre pour trouver une alternance.
Durant cette formation, le projet sur lequel j’ai travaillé était mon blog personnel. Durant 4 mois, j’ai affiné la « stratégie » de mon projet en pensant à chaque étape : de la définition des cibles aux leviers utilisés en passant par le pitch du projet. Grâce aux semaines de projets à l’école j’étais rompu à cet exercice néanmoins, c’était la première fois que j’effectuais ce travail en solo.
Ces deux projets réalisés conjointement ont été déterminants dans l’obtention de mon alternance car ils ont attiré l’attention de Claire Plassart puis de Guilhem Cadoret qui m’a par la suite recruté pour mes compétences rédactionnelles mais aussi pour la gestion de projet. Cependant, écrire sur la pop culture est une chose mais écrire des articles spécialisés dans le cadre d’une entreprise en est une autre et c’est ainsi qu’une question émerge : peut-on passer du cinéma à un environnement B2B ?
Passer du cinéma au B2B : mission impossible ?
Quand j’ai rejoint le HUB Institute en juillet 2021, ma première inquiétude concernait la rédaction des articles : si jusqu’ici j’avais rédigé principalement sur des sujets liés au cinéma je n’avais jamais écrit sur des sujets aussi pointus et surtout à une audience aussi importante. Très rapidement mes doutes ont été dissipés lorsque j’ai réalisé mes articles replay du Sustainable Energies Forum et mon premier article sur le social commerce en Asie.
Sans le savoir, je structurais déjà mes articles comme il le fallait avec un chapo introductif, des titres et une idée par paragraphe. De même, au niveau du style d’écriture, l’ensemble était plutôt « convenable » (selon mes managers) même si j’avais un gros problème pour couper mes phrases avec des signes de ponctuation. Ces petits défauts se sont heureusement gommés avec le temps et à force d’écrire des articles, mon style s’est affiné et mes phrases sont devenues plus ciselées.
Est-il possible d’apprendre à écrire pour le B2B quand nous n’avons pas l’habitude ? cette question mérite d’être posée et avec le recul je dirai que l’onboarding est la clé. Si dans toutes les entreprises cette phase est capitale lorsque des salariés rejoignent une équipe, elle prend ici tout son sens. En effet, avant de commencer à écrire quoi que ce soit, je me suis imprégné de tout ce que faisait le HUB pour intégrer la ligne éditoriale (l’ensemble des choix rédactionnels de l’entreprise).
Ce travail est très important car il permet de comprendre comment sont rédigés les articles sur le site internet (nous sortons plus de 600 articles à l’année donc il faut respecter un certain cahier des charges) pour ensuite reproduire la construction quel que soit le sujet. L’autre élément à intégrer concerne les formats d’articles : on n’écrit pas de la même manière un article replay d’un événement et un résumé d’une étude ou encore moins un Case Study.
Lors de mon arrivée, Maxime Tricoire m’avait expliqué les différents formats que le HUB produit en m’envoyant des exemples d’articles et c’est une bonne idée car elle m’a aidé à bien les différencier.
Comme je l’évoquais plus haut dans le chapitre 1, le travail de Content Producer peut être adapté à n’importe quelle entreprise dans la mesure où la rédaction d’articles est nécessaire mais la ligne éditoriale et la manière de communiquer vont varier selon les contextes (on ne communique pas de la même manière dans le luxe que dans le secteur du retail par exemple). Le style peut également changer d’une entreprise à une autre : au HUB le « nous » n’est jamais utilisé dans les articles replays car le but n’est pas de vulgariser le propos mais de synthétiser une conférence. De même, il n’est pas rare de voir des différences en fonction des entreprises dans la manière de structurer des articles.
Par exemple, lorsque j’écrivais mon article décryptage sur le MMM pour fifty-five j’ai été surpris de voir comment ces derniers structuraient leurs articles. Ils ne font pas des paragraphes mais des romans ! je vous laisse juger par vous-même en cliquant sur ce lien.
Comment le contenu produit avec le HUB a été bénéfique pour mon M2 et mes projets
Si depuis le début de ce chapitre, j’insiste vraiment sur le fait que mes articles et les chroniques ont été une porte d’entrée pour intégrer HUB Institute l’inverse est également vrai. En effet, l’expérience emmagasinée en entreprise sur les différents sujets digitaux ainsi que sur la manière de structurer mon propos ont été bénéfiques dans la réalisation de mes projets et dans le suivi des cours cette année.
À l’école, le fait d’être au contact des sujets de transformation digitale m’a permis de mieux participer en cours quitte à être parfois un peu trop technique pour le reste de la classe comme lorsque j’ai évoqué la fin des cookies tiers en 2023 avec Visibrain ou les Modern Data Stack.
De même, dans certains cours comme celui d’Inbound Marketing d’Arthur Sèche le fait de produire du contenu qui intègre des leads m’a permis de bien comprendre le cours et de me rendre compte que je faisais de l’inbound sans le savoir. De plus, le fait de travailler sur un volet éditorial m’a aidé à bien intégrer comment se composait un brief éditorial au sein d’une stratégie SEO.
Ce dernier aspect faisait d’ailleurs parti des éléments attendus dans la recommandation que nous devions présenter dans le cadre de la mobile week en décembre dernier. Nous avions le choix entre 3 sujets (la Marine Nationale, Pitaya et la Samaritaine) et avec mon groupe nous avions choisi La Samaritaine afin de proposer une stratégie Drive to Store. Sur ce projet je m’étais occupé de rédiger le brief éditorial de notre stratégie afin d’inciter nos deux personas à se rendre en magasin et de l’analyse du site internet pour évaluer la partie SEO.
De même, certains cours à l’école comme celui de Growth Hacking dispensé par Quentin Lallemand où nous devions présenter une stratégie de Growth m’ont permis de relier la théorie avec des éléments vus dans le cadre de mon alternance. Avec mon groupe nous avions choisi Libeo et j’ai pu indiquer à l’oral des éléments vus dans le cadre du HUBDAY Data & AI For Business puisque Libeo était présent avec Fivetran.
Sur l’ensemble des semaines de projets, j’ai été amené à travailler d’une manière ou d’une autre sur la partie éditoriale des recommandations notamment lorsque nous les faisions à propos du site internet existant ou dans le cadre d’une création d’articles de blogs. Mon rôle ne se cantonnait pas uniquement à cette partie puisque je donnais également un coup de main sur la stratégie.
Certains sujets traités en entreprise ont pu être proposés dans le cadre d’une idée à traiter pour une recommandation. C’est ce qu’il s’est produit lors du sprint session sur l’entreprise de yoga OlyBe où j’ai ajouté le concept de l’adaptive learning à notre préconisation. Ce concept utilise les sciences cognitives, le machine learning et la data et est très utile dans le cadre de formation personnalisée.
Le contenu produit pour le HUB a également eu un impact bénéfique sur ma manière d’écrire des articles de mon blog et plus globalement sur la qualité de mes chroniques. Le style est bien plus fluide et les textes sont de meilleure qualité. Je me suis servi de ce que j’avais appris en entreprise pour animer des émissions en direct et mener des interviews.
Pour résumer, ces deux dernières années ont été très importantes dans la construction de mon parcours professionnel car elles m’ont permis de trouver le domaine qui me correspond le mieux et c’est ce vers quoi je veux me diriger en sortant de l’école.

Chapitre 4 : Epilogue – what’s next ?
Après 3 chapitres qui revenaient plus en détail sur mon parcours tout en démontrant sa cohérence, il est temps d’évoquer l’avenir et ce que je compte faire après mon cursus. Vous l’aurez compris en lisant cette partie et notamment le chapitre précédent, je me suis beaucoup épanoui dans la création de contenus et je compte poursuivre dans ce domaine où je me sens le plus utile.
Comme je l’ai évoqué à l’école, je compte tenter une nouvelle aventure une fois mon contrat achevé : celle de la micro-entreprise. Ce projet a été mûrement réfléchi et j’ai la conviction que c’est le bon moment pour se lancer dans la mesure où je ne serai plus salarié ni étudiant.
Les projets ne manquent pas puisque je compte reprendre l’écriture d’articles sur mon blog ; j’ai dû le mettre en standby en raison de mon emploi du temps cette année (avec l’alternance et les cours il était très difficile de trouver du temps pour écrire). De même, je vais reprendre l’enregistrement des chroniques sur la chaîne Chroni’Culture ayant de nombreux textes qui n’attendent plus que d’être enregistrés.
Une refonte complète de mon blog est également à l’étude, notamment pour mettre en avant l’aspect digital et B2B que j’ai traité en arrivant chez HUB Institute car je compte évidemment poursuivre le traitement de sujets digitaux. Enfin, je compte également me lancer dans la création de podcasts sur le numérique mais également sur le cinéma. Si ce format est très populaire depuis de nombreuses années, il a vraiment explosé avec le confinement et je n’avais jamais vraiment pris le temps pour m’y intéresser jusqu’à maintenant. Pour ce projet, Fred Haury va me donner beaucoup de conseils puisqu’il en réalise beaucoup pour Ground Control.
Concernant HUB Institute, j’envisage de continuer à écrire pour eux en tant qu’externe s’ils le souhaitent, j’en avais parlé à Frédéric Mélot, le directeur des contenus lors de mon entretien avec lui et il n’était pas contre l’idée.
Enfin, je vais très probablement travailler avec une ancienne collègue du HUB qui se lance en free-lance sur de la chefferie de projet et sur de la rédaction de contenus ; nous en avons parlé avant son départ fin juillet donc il faudra probablement attendre la rentrée pour savoir si cela se concrétise en tout cas c’est une affaire à suivre !
